Les joyeux godillots testent la co-présidence
Audrey, Pascal et François sont tous les 3 co-présidents des Joyeux Godillots !
Ils partagent avec nous cette nouveauté, ses avantages et inconvénients. Peut-être que ce témoignage vous donnera envie d’essayer ?
Pascal : (à l’initiative de la co-présidence)
Partager les responsabilités en s’appuyant sur les compétences des protagonistes me paraît essentiel. Chacun a ses points forts et il convient d’utiliser cette force et les décisions collégiales sont la norme pour moi. Elles peuvent éviter des dérives. Vive la co présidence…
François : J’étais depuis plusieurs années très investi dans le club (BF Rando + Bureau + Formation des animateurs + …) Jean-Pierre Favory m’avait sollicité deux ans avant l’échéance de son mandat pour que je prenne sa suite.
Mais je n’avais pas la fibre pour reprendre la direction du club (130 membres, charge de travail lourde, grosse responsabilité, …) j’étais déjà trop content d’avoir lâché mon activité professionnelle de dirigeant d’entreprise, ce n’était pas pour en reprendre la direction d’une autre !
Pascal, que nous avions sollicité tous les deux (Jean Pierre Favory et moi) ne souhaitait pas non plus s’engager seul à la présidence du club. Il avait refusé ma proposition de « vice-présidence active »
Enfin, dans un club qui compte 70% de femmes, nous étions tous les deux convaincus qu’il fallait faire entrer une femme à la présidence du club.
1. Pourquoi avez-vous fait le choix de la co-présidence ?
Audrey : Ce choix est avant tout né d’une volonté d’assurer la continuité du club, l’ancien président n’ayant trouvé personne pour prendre le relais.
J’ai adoré le concept de co-présidence lorsque Pascal m’en a parlé. Je travaille souvent en co-création via mon entreprise et je me suis aperçue que cela était très bénéfique.
Quand plusieurs personnes réfléchissent ensemble, les idées se complètent, se nuancent, s’améliorent. Une idée co-construite est souvent mieux réfléchie, plus réaliste et plus durable, car elle a été questionnée, ajustée et validée collectivement. La co-création évite que tout repose sur une seule personne (on évite la pensée unique) et on gagne en créativité et en pertinence. Les responsabilités sont partagées, ce qui réduit la pression individuelle et sécurise le fonctionnement du groupe. L’engagement demandé à un président étant important, il était donc essentiel de se répartir la charge, d’autant plus que, de mon côté, j’exerce une activité professionnelle.
François : Finalement, il n’y avait aucun candidat à la présidence du club. Club que nous ne voulions pourtant pas laisser mourir => il fallait une solution pour assurer la pérennité ! Nous nous entendions très bien tous les trois ; Nos expériences professionnelles et nos personnalités étaient complètement complémentaires ; Nous étions prêts à prendre à tous les trois la présidence du club, mais aucun d’entre nous ne voulait s’engager seul. Le choix de la co-présidence s’est donc imposé naturellement !
2. Comment s’organise concrètement votre co-présidence au quotidien ?
Audrey : La co-présidence repose sur une répartition claire des rôles. L’ancien président nous avait transmis la liste complète des missions liées à la fonction, ce qui nous a permis de nous répartir les tâches en fonction des compétences et des appétences de chacun.
François : Nous avons organisé plusieurs réunions hebdomadaires entre nous + un petit groupe WhatsApp pour échanger sur tous les sujets et élaborer notre projet commun pour le club. Ainsi, 6 mois avant de prendre effectivement la présidence du club, nous avons :
- Modifié les statuts (pour permettre le co-présidence)
- Organisé à trois la présidence du club et réparti les fonctions et responsabilités entre nous
- Organisé aussi l’implication du bureau dans les décisions de gestion, et les animateurs dans les décisions qui les concernaient directement. <notre souhait était d’organiser une direction collégiale du club, pour partager sur une base élargie la charge de travail et les responsabilités.
- En conséquence de quoi, nous avons ré-écrit complètement le règlement intérieur
Et nous nous sommes répartis, entre nous trois, les rôles au sein de notre « triumvirat » , selon nos compétences et nos désires respectifs. Du fait de nos backgrounds et personnalités très différentes, la répartition s’est imposée logiquement et naturellement, sans aucun conflit à gérer.
- Moi : les aspects juridiques et financiers + formation des animateurs
- Audrey : la communication
- Pascal : La direction de l’équipe d’animateurs et « l’autorité hiérarchique »
3. Quelles qualités sont essentielles pour que la co-présidence fonctionne bien selon vous ?
Audrey : L’écoute, la confiance et une communication sincère et bienveillante sont essentielles.
Il est important de savoir échanger, se dire les choses simplement, d’accepter la discussion, respecter les idées et avis de chacun, et savoir parfois accepter le compromis.
Partager une vision commune du club, tout en respectant les différences de fonctionnement et de sensibilité de chacun, est également fondamental pour avancer sereinement ensemble.
Ne pas s’attribuer tout le mérite.
Cultiver la reconnaissance et la capacité à se féliciter mutuellement, pour nourrir la confiance et l’envie d’avancer ensemble.
François :
- Une bonne entente entre les co-présidents
- Une complémentarité de compétences et de centres d’intérêts, pour éviter toute forme de compétition entre les co-présidents
- Pas d’égo des co-présidents
- Solidarité entre les co-présidents :
o On ne se contredit jamais devant toute personne extérieure
o Ce qui implique une préparation en amont pour vérifier notre accord entre nous AVANT d’aller exposer le sujet à d’autres interlocuteurs
4. Depuis la mise en place de la co-présidence, quels bénéfices avez-vous constatés pour votre club ?
Audrey : Depuis la mise en place, j’ai constaté davantage de sérénité dans le fonctionnement du club.
La répartition des responsabilités permet une meilleure organisation, un engagement plus équilibré et une prise de décision plus réfléchie.
La diversité des points de vue favorise également le dynamisme du club, l’émergence de nouvelles idées et la mise en place de projets variés, au bénéfice de l’ensemble des adhérents.
Les membres du bureau sont très heureux de pouvoir participer plus activement à la vie du club, ils sont tous impliqués et se sentent acteurs, pas simples exécutants.
François : Contrairement à l’ancien président qui décidait souvent seul, nous avons beaucoup responsabilisé le bureau – et les animateurs !
Dorénavant, les co-présidents préparent les décisions que nous soumettons au vote du bureau. Nous avons fait le choix de responsabiliser les membres du bureau et de leur faire confiance.
C’est le bureau qui prend les décisions, plus la présidence !
Sérénité : Avec une réflexion préalable à trois, on espère éviter les bêtises ! Chacun d’entre nous, sur le temps qu’il consacre à la co-présidence du club, a plus de temps pour élaborer les nouveaux projets et mieux les préparer. Ce qui n’empêche pas que les membres du bureau, ou les animateurs, puissent les rejeter tout de même !
Nul n’est parfait et aucun d’entre nous n’est parfaitement adapté à la fonction de président du club. Notre fonctionnement à trois, avec chacun notre domaine de compétence, nous permet d’être globalement à nous trois, une sorte de « super-président collectif» bien plus compétent et disponible pour prendre les meilleures décisions pour le club !
D’autant plus que nous préparons ensemble toutes les décisions !
Si l’un d’entre nous veut lancer un nouveau projet, quel qu’il soit, il doit d’abord obtenir l’approbation des deux autres co-présidents, avant l’aller le présenter au bureau, aux animateurs, ou à un partenaire externe ça complique un peu les choses, mais finalement, pas tant que ça !, et surtout, ça évite les erreurs § Nous nous corrigeons gentiment mutuellement tous les trois.
5. La co-présidence présente-t-elle des inconvénients ?
Audrey : Comme toute organisation collective, la co-présidence demande du temps d’échange, une bonne coordination et une vigilance particulière dans le partage des informations (Il peut arriver qu’il y ait des loupés dans la transmission).
François : Un peu plus de temps pour prendre une décision, ou répondre à une sollicitation (Exemple concret : La présente réponse à tes excellents questions) => il faut plus anticiper ! Mais en contrepartie, plus grande sérénité et sécurité, puisque nous sommes d’accord tous les trois.
Surtout pas de problèmes d’ego !!! La co-présidence serait impossible si l’un des co-présidents avait un égo surdimensionné et cherchait à s’attribuer le bénéfice de ce qui a marché et rejetait sur les deux autres ce qui a échoué.
6. Quel conseil donneriez-vous à un club qui hésite à se lancer dans la co-présidence ?
Audrey : Prendre le temps d’échanger en amont sur les attentes, les valeurs et les rôles de chacun. La co-présidence fonctionne lorsque le cadre est clair, que la communication est régulière et bienveillante, et que la confiance est au cœur du fonctionnement.
François : D’abord, on ne choisit pas entre un président et une co-présidence à plusieurs !
La co-présidence n’est à notre avis possible qu’en l’absence de candidat au poste de président !
Sinon, on risque le conflit entre les co-présidents, surtout le conflit entre celui qui voulait y aller seul – et qui risque de ne pas accepter le partage de pouvoir et l’impossibilité de décider seul – et les autres co-présidents.
Dans ce cas-là , il vaut certainement mieux envisager un président unique, avec un ou plusieurs vice-présidents => une hiérarchie au niveau de la direction du club.
Les co-présidents :
- Doivent impérativement bien s’entendre
- Être complémentaires, tant au niveau des compétences qu’en termes de personnalités
- Pas d’égo, ni de volonté de prééminence de l’un des co-présidents
- Et chacun doit faire le boulot qui lui a été attribué
Si vous avez tout ça, allez-y !
Si vous ne réunissez pas toutes les conditions, attention, vous courrez peut-être à l’échec !
7. En une phrase, la co-présidence pour vous, c’est…
Audrey : Une aventure collective qui permet de partager les responsabilités, de renforcer la dynamique du club et de construire un projet commun plus sereinement.
François : La co-présidence peut constituer une solution pour assurer la pérennité du club et apporter sérénité et sécurité aux co-présidents, et leur permettre de répartir les tâches du président pour rendre supportable la charge de travail et de responsabilité induite par la fonction.

